vendredi 10 juillet 2009

Colloque « Les origines catholiques de la Révolution tranquille »

La revue Égards, Campagne Québec-vie, la paroisse Sainte-Julienne et l’Institut Rocher organisent le 30 juillet leur colloque annuel. Le thème cette année porte sur les origines catholiques de la Révolution tranquille.

Colloque
« Les origines catholiques de la Révolution tranquille »
Église paroissiale Sainte-Julienne
(Diocèse de Joliette)
Jeudi 30 juillet 2008


 9 h 00 — Accueil, café, brioches et inscription

10 h 00 — Messe

11 h 00 — Conférence inaugurale de l’abbé André Chevalier, « Feu la Chrétienté » (Emmanuel Mounier)

11 h 20 — Résumé du livre de Michael Gauvreau Les origines catholiques de la Révolution tranquille, par M. Jean Robert Gauthier, chroniqueur au Nouvel Informateur Catholique

11 h 45 — Conférence de M. Jean Renaud, écrivain et directeur de la rédaction, revue Égards, « Charles De Koninck, le personnalisme et la Révolution tranquille »

12 h 30 — Repas champêtre

13 h 45 — Conférence de M. Gilles Paquet, sociologue de l’Université d’Ottawa, sur « Les maîtres à penser de la Révolution tranquille, l’abbé Gérard Dion et Fernand Dumont »

14 h 30 — Conférence de M. Richard Décarie, porte-parole de la CLÉ, sur la « Coalition pour la Liberté en Éducation, le procès de Drummondville et les conséquences politiques »

15 h 15 — Communication de Me Fernando Noël, avocat de Québec, sur « La création d’un réseau d’écoles catholiques »

15 h 30 — Pause

16 h 00 — Discussion, conclusion et suites à donner (allocution de M. Jean-François Plante, candidat à la direction de l’Action Démocratique du Québec)




[1] Le coût de l’inscription est de 35$ (repas inclus)

Vous pouvez payer aussi auprès de la Revue Égard, Campagne Québec-Vie ou sur place.


[2] Si vous avez besoin de transport ou si vous pouvez transporter des passagers de Montréal ou de Québec, veuillez communiquer avec :
  1. Campagne Québec-Vie
    N° de téléphone : 514-344-2686)

  2. Église Sainte-Julienne-de-Montcalm :
    2417, rue Victoria
    Sainte-Julienne (Québec)
    J0K 2T0
    N° de téléphone : 450-831-2321


Sainte-Julienne est située près de Rawdon dans la région de Lanaudière. De Montréal, prendre l’autoroute 25 Nord et ensuite la route 125 Nord.


(Cliquer sur l'image pour en afficher une version plus grande)
 

jeudi 9 juillet 2009

Multicultiralisme, « hybridation », « métissage culturel », une nouvelle illusion théorique dans les sciences sociales

Nous reprenons ci-dessous quelques extraits d'un texte de Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS.

Les intertitres sont de nous.

[...]

Espoir des élites, crainte des masses

On sait que la globalisation constitue un processus planétaire complexe dont la première caractéristique est d’accélérer les échanges, les transferts et les mélanges, et, partant, d’ébranler les identités collectives substantielles, de les rendre instables et provisoires, alimentant incertitudes et craintes dans les masses territorialisées, et suscitant au contraire de l’espoir dans le monde des élites transnationales.

[...]

Le mot magique de métissage

Le discours d’éloge de la globalisation ou de la mondialisation, oubliant l’anxiété croissante provoquée par la dissolution des formes sociales et des spécificités nationales, met au premier plan ces caractéristiques supposées positives, qui semblent s’opposer sainement aux attitudes racistes de rejet des mélanges raciaux, de réification des identités collectives et de fermeture aux échanges entre cultures ou au « dialogue des civilisations ». Les mondialisateurs heureux y voient un progrès général de la tolérance et de l’« ouverture à l’autre », la promesse d’une universalisation rapide de l’écoute réciproque des cultures, processus qu’on célèbre ordinairement comme « enrichissant ».

L’évaluation positive des phénomènes de syncrétisme culturel s’est accentuée chez les théoriciens de la globalisation ayant recours à la métaphore de l’« hybridité », de l’« hybridation » ou du « métissage » (Clifford, 1994 ; Pieterse, 1995 ; Werbner, 2004). Idée paraissant simple, voire lumineuse : la globalisation étant une « hybridation », elle serait en elle-même un mécanisme antiraciste, en ce qu’elle tendrait à faire disparaître la hantise du métissage qui forme le noyau dur de la pensée raciste moderne, en même temps qu’elle effacerait les entités ethno-raciales abusivement érigées en absolus ou en essences a-temporelles.

[...]

Hybridité valorisée à l'extrême

L’hybridité est ainsi valorisée à l’extrême, comme expérience humaine, méthode d’invention et de création, et aussi comme style de vie caractérisé par sa « richesse » et son « ouverture ». C’est là suggérer qu’une existence « métissée » constitue la plus haute forme de l’existence humaine. Le « métissage », métaphoriquement généralisé, tend ainsi à devenir une méthode de salut. Le mot « métissage » lui-même prend une valeur magique : il est invoqué comme une force agissante.

Métaphores simplistes racialisantes

Les métaphores choisies et indéfiniment sollicitées par les critiques, les sociologues et les anthropologues ont toutes des connotations biologisantes, voire racialistes : « mélange », « croisement », « hybridation » ou « hybridité », « métissage ». Elles présupposent l’existence d’un état premier ou originel, un état de non-mélange jugé heureusement dépassé (ce serait même un « progrès »), caractérisé par la « pureté » des entités en question (de la « race » à la « culture », en passant par l’« ethnie »). Un état de nature, qu’on peut dire « sauvage », que les zootechniciens et les horticulteurs ont les premiers aboli par les techniques de sélection volontaire des « races » et des « variétés, et la pratique d’une hybridation contrôlée. Comme l’a montré Robert Young (1995), les usages culturels de la notion d’hybridité présupposent l’existence d’un passé culturel qui serait « pur », quelque chose comme un état de culture naturel, sans mélanges. Le sociologue et politologue Stuart Hall s’est élevé contre un tel usage du terme d’hybridité, en ce qu’il renvoie à un « processus mettant en présence des cultures au départ unitaires et autonomes qui se seraient ensuite réunies pour donner naissance à de l’hybridation » (Hall, 2009, p. 29). En dépit des intentions « antiracistes » déclarées de leurs utilisateurs, ces métaphores mélangistes racialisent ce à quoi elles renvoient.

[...]

Mythe postmoderne de la beauté métisse

Le discours mixophile présuppose l’existence de « races », d’« espèces » ou de « cultures » originellement « pures », état premier qui serait pour ainsi dire « dépassé » par l’état résultant des mélanges, des alliages ou des amalgames. Dans l’éloge contemporain de la « beauté du métis » (Hocquenghem, 1979) s’entend l’écho de celui de la « race » la plus belle, la « caucasienne » selon Blumenbach (1795 et 1804), exprimant l’une des évidences esthétiques de son époque (Bindman, 2002, pp. 190-201 ; Baum, 2006, pp. 73-92). L’idéal esthétique est certes aujourd’hui tout autre : la beauté des mythiques « races pures » a fait place à la beauté mythique des « métis ». Mais dans la célébration du mélange ou du mixte l’on perçoit des rémanences non contrôlées de la vieille fascination exercée par le pur ou l’homogène. Dans l’éloge de l’impureté résonne celui de la pureté. Un écho inversé reste un écho.

[...]

De la mixophilie à la francophobie et à la haine de soi

Dans son livre à la gloire du « métis », Hocquenghem marie la dénonciation de l’homophobie à une francophobie assumée, attestée dès le sous-titre de son pamphlet : « Réflexions d’un francophobe ». Liés explicitement ou non à une forme de sociocentrisme négatif ou de patriotisme inversé (philoxénie), les éloges « progressistes » de la « France métisse » se sont banalisés dans les années 1980. C’est ainsi que Jacques Chirac, au cours d’un voyage aux Antilles, a cru pouvoir lancer à son auditoire supposé « métissé » : « Nous sommes tous des métis » (cité par Le Monde, 15 septembre 1987). Le recours à la rhétorique unanimiste est une forme de connivence chère à tous les démagogues. Deux slogans antiracistes, se présentant comme des définitions mixophiles de la nation française, ont été massivement diffusés lors de la seconde « Marche pour l’égalité » (1984) : « La France, c’est comme une mobylette. Pour avancer, il lui faut du mélange » ; « Super, la France marche au mélange » (Taguieff, 1988, p. 381). L’antiracisme français, jusque-là aveugle à la couleur au nom de l’universalisme égalitaire de tradition républicaine, s’est transformé en un antiracisme mixophile prônant le métissage comme une norme majeure (Taguieff, 1995, pp. 53-81). Mais il y a mélange et mélange. L’idéal mixophile s’est en réalité fixé sur le type du métis Blanc/Noir, en s’incarnant par excellence dans la figure de l’afro-américain (ni trop « noir », ni trop « blanc »).

[...]

Certains se sont risqués à inclure le président Sarkozy dans le cercle du métissage heureux, en le décrivant comme un « petit Français au sang mêlé ». Mais l’absence de « racines africaines » semble constituer désormais un handicap, du moins dans l’espace médiatique dominé par les normes de la pop-éthique du « métissage ».

[...]

Éloge naïf de la fusion rédemptrice, de la raison métisse

Mais chez de nombreux auteurs contemporains célébrant l’hybridation culturelle, on rencontre un éloge plutôt naïf de la fusion rédemptrice, et d’une fusion furtive, qui prend souvent l’allure d’un éloge de la confusion créatrice. Mesuré dans ses analyses, Stuart Hall avance la thèse que l’« hybridité culturelle » est en train de changer la société britannique d’une façon positive : le simple constat qu’un processus de métissage affecte la production culturelle amène selon lui la société britannique à réfléchir sur le fait qu’elle n’est pas culturellement homogène (Hall, 1995). Ce serait là un « progrès ». D’autres théoriciens mixophiles moins prudents attendent le salut de « l’hétérogénéité métisse », où ils croient voir une puissance de « reconstruction permanente » (Nouss, 2002, p. 111).

On peut aller plus loin dans la néo-religion du métissage salvateur. Certains anthropologues militants, adeptes de « l’image enchantée du métissage » (Cunin, 2001), appellent à l’adoption d’une « raison métisse » (Amselle, 1990), quitte à dénoncer quelques années plus tard le « fantasme » ou le « piège » du métissage (Amselle, 1999 et 2000).

[...¸]

L'envers du décor : le cosmopolitisme, source d'angoisses

L’envers du décor « métissé », c’est que ces villes « cosmopolites » constituent une source intarissable de peurs, voire d’angoisses, qui alimentent une « paranoïa mixophobique » (Bauman, 2007, p. 119). Et les produits « métissés » font partie du décor des sociétés marchandes mondialisées : le nouveau « cosmopolitisme marchand » fait une grande consommation, notamment en raison de ses effets « somnifères » ou « tranquillisants » (Canclini, 2000a), de l’hybridité dans son discours publicitaire, dans ses bars et restaurants branchés (« hybrides »), dans ses industries culturelles (les « musiques métissées » sont partout) (Hutnyk, 2005).

[...]

Le métissage produit l'homogénéité et le conformisme

D’où ce résultat paradoxal : c’est par la diffusion planétaire normative de l’hybridité culturelle qu’est réalisée une homogénéité culturelle ne rencontrant que très peu de résistance. L’hybridation mondialisée est le rouleau compresseur qui produit l’homogénéisation et le nivellement des cultures, l’abolition finale de la diversité culturelle. Qu’opposer au processus d’hybridation supposé « progressiste » sinon les grosses notions d’identité ou de différence culturelle, disqualifiées pour « racisme », « nationalisme », « essentialisme » ou « communautarisme » ? Le combat semble perdu d’avance. Ce qui est sûr, c’est que, dans ce monde « métissé » en perpétuel mouvement, les nouvelles élites « hybrides et transnationales », mobiles et déterritorialisées, « nomades », sans identité définissable, sont comme poisson dans l’eau (Spivak, 1999). Ce monde est fait pour elles, non pour les peuples attachés à leurs langues, leurs paysages, leurs traditions. Leurs célébrateurs professionnels sont surinvités par les médias, avec l’idéologie implicite desquels ils sont en phase. Le discours d’éloge des échanges, des mélanges et du changement perpétuel a la réputation d’être « moderne », c’est-à-dire actuel ou contemporain, donc intrinsèquement bon. Telle est l’expression du conformisme intellectuel de notre temps (Taguieff, 2007, pp. 595-620).

Métissolâtrie sans voix devant le refus d'hybridité culturelle

Par ailleurs, les antiracistes qui s’étaient convertis à la religion du « métissage culturel » se trouvent sans voix devant certaines formes caractérisées de « refus de l’hybridité culturelle », par exemple chez les femmes musulmanes dans nombre de pays européens (dont la France et la Grande-Bretagne). Comment interpréter ce rejet du projet normatif mixophile supposé séduisant, en particulier pour les femmes de religion musulmane ?

[...]

Discours publicitaire et pauvreté conceptuelle des sociologues

La leçon épistémologique qu’on peut tirer d’un tel suremploi du vocabulaire contemporain du « croisement » et du « mélange » (de la « mixité » et de la « diversité » au « métissage » et à l’« hybridité »), suremploi qui a fait émerger une langue de bois utilisée par les célébrateurs de la mondialisation comme entrée dans une ère radieuse, c’est que les usages métaphoriques de mots séduisants dans la conjoncture ne remplacent pas les difficiles élaborations conceptuelles, ni la construction patiente de modèles théoriques sur la base d’hypothèses réfutables. Le discours publicitaire, faut-il le rappeler, ne doit pas être confondu avec le langage construit de la connaissance scientifique. S’il ne faut pas « prendre la paille des mots pour le grain des choses » (Leibniz), il ne faut pas non plus prendre les scintillements des métaphores pour des théorisations scientifiques. Des « croisements » aux « branchements », en passant par les « hybridations » et les « métissages », n’assiste-t-on pas à une vaine parade de métaphores trompeuses, impensées, dangereuses dans leurs effets de sens non contrôlés, exprimant l’impuissance conceptuelle des sociologues et des anthropologues face aux conséquences culturelles de la globalisation ?

Décrochage scolaire : 200 millions de $ sans résultat significatif

La stratégie adoptée par le Monopole de l'Éducation du Québec pour lutter contre le décrochage scolaire ne donne pas les résultats attendus, selon une analyse préliminaire dont le quotidien Le Devoir rapporte les grandes lignes jeudi.

Selon le travail des chercheurs, le principal outil du gouvernement provincial pour lutter contre le décrochage depuis 2002 n'a pas permis d'accroître de façon significative la persévérance scolaire au Québec.

Selon la même source, Québec a investi plus de 200 millions de dollars sur sept ans dans la stratégie d'intervention Agir autrement (SIAA), sans enregistrer de baisse notable du décrochage scolaire.

Le document préliminaire a été produit par l'équipe d'évaluation de la stratégie, dirigée par le professeur Janosz, de l'Université de Montréal et la Coordination des interventions en milieu défavorisé du ministère de l'Éducation.

Les taux de réussite des années précédentes ne permette pas d'observer de différence statistiquement significative entre les écoles ayant bénéficié de la SIAA et d'autres écoles-pilotes. Selon Le Devoir, bien que la stratégie anti-décrochage ne semble pas avoir eu un effet d'ensemble sur la réussite scolaire des élèves, l'équipe université embauchée par le Monopole entend raffiner l'analyse au cours des prochains mois en mesurant plus précisément les résultats dans les écoles où l'implantation de la mesure a été mieux réussie.

Québec a investi entre 25 et 31 millions par année depuis sept ans pour soutenir les quelque 260 écoles secondaires les plus défavorisées. La stratégie a été étendue en 2007 à près de 567 autres écoles primaires situées en milieu défavorisé, avec un montant additionnel annuel de 12 millions.

Le Monopole de l'Éducation cible depuis sept ans des établissements scolaires en milieu défavorisé auxquels elle accorde des investissements spécifiques. C'est ainsi que l'an prochain, Québec compte injecter un total de 43,5 millions dans cette stratégie.

mercredi 8 juillet 2009

Détails sur le premier procès ECR (Drummondville)

On trouvera ci-dessous des renseignements et comptes rendus concernant le premier procès intenté contre une commission scolaire et le ministère de l'Éducation relatif à l'imposition du cours d'Éthique et de culture religieuse.

Pour le second procès ECR (Loyola c. Michelle Courchesne), voir ici.

LA REQUÊTE EN JUSTICE (pdf, première page caviardée pour protéger l'identité des enfants, conformément à la décision du juge Dubois).

Lieu : Palais de justice de Drummondville

1680, boulevard Saint-Joseph
Drummondville (Québec) J2C 2G3

Heures : de 9 h 00 à 17 h 00


LUNDI 11 MAI

Preuve de la demande (les parents)

La salle était comble, la mère et deux témoins experts (Guy Durand et Louis O'Neill) ont témoigné.

L'ainé des enfants tombe dans les pommes.

Gagnant de la citation du jour : Me Boucher : « Madame, si vous voyez une femme avec un col romain, n'allez-vous pas conclure qu'il s'agit d'une catholique ? »

MARDI 12 MAI

Preuve de la demande (fin)

Preuve de la défense (Commission scolaire) et de l’intervenante (Procureur général du Québec)

Témoignage de David Mascré (expertise ici), début du témoignage de Jacques Pettigrew, la torpeur envahit la salle.

Gérard Bouchard : pas de réelle crise, mais il faut imposer énergiquement le cours ECR.

Citation du jour, gagnant David Mascré : « Que ton oui soit oui et ton non soit non ».

MERCREDI 13 MAI

Preuve de la défense (Commission scolaire) et de l’intervenante (Procureur général du Québec)

Jacques Pettigrew, mission : édulcorer, aseptiser le programme ECR devant le tribunal.

Le responsable du cours au MELS et ses activités professionnelles « oubliées » sous serment.

Georges Leroux, le pluraliste jacobin.

Georges Leroux, le pluraliste messianique.

Coup de théâtre au tribunal, le théologien qui veut que l'Église vive sa Pâques, Gilles Routhier, interrompt son expertise.

La citation du troisième jour du procès est venue de Gilles Routhier : « Je dois obéissance à Mgr Ouellet, mon évêque, j'en ai fait la promesse. »

JEUDI 14 MAI


(Relâche)


VENDREDI 15 MAI

Plaidoiries prévues initialement, elles seront écrites, voir calendrier ci-dessous.

Fin du contre-interrogatoire de Gilles Routhier, l'« expert » décrédibilisé

Grand dérangement de journalistes pour authentifier les déclarations de la ministre Courchesne.

Versé en partie au dossier, rapport Caldwell, Il n'y a pas de besoin urgent et réel.

Le gagnant de la citation du jour, Gilles Routhier : pas de cours ECR dans la C.S. Kativik (Grand Nord).


CALENDRIER

  1. Jusqu'au 29 mai 16h30, plaidoirie des avocats des parents ;
  2. jusqu'au 19 juin 16h30, plaidoirie des avocats représentant la C.S. et le ministère ;
  3. jusqu'au 8 juillet 16h30, réplique des avocats des parents (la première partie porte surtout sur le fait que la décision de la Commission scolaire a été prise sous la dictée d'un tiers ce qui la rend illégale, la deuxième partie qui prend la forme d'un tableau synoptique porte sur le préjudice grave encouru et les arguments du ministère pour justifier son monopole qui n'admet aucune exemption au programme ECR). On trouvera ici un tableau synoptique consolidé (non soumis au juge pour des raisons de concision) qui reprend, à gauche, l’argument des avocats du Monopole de l'Éducation et, à droite, la réplique des avocats des courageux parents.

lundi 6 juillet 2009

Article de
Pour une école libre recommandé par Mark Steyn

Le célèbre chroniqueur de Maclean's et autres journaux, Mark Steyn, a eu la gentilesse de recommander un de nos articles : « Extirper l'hérésie et le blasphème ». Mark Steyn résume ce billet : « This is a very sound overview of the Canadian "human rights" fiasco ».

Résultat : plus de 560 personnes ont visionné cette seule page ce lundi, formant par là plus de 55 % des visiteurs uniques de ce jour.

Hausse de 18 % de la natalité en Russie en 2008

Malgré des conditions économiques difficiles, la Russie a vu la naissance de prés de 700 000 bébés depuis début 2009, a annoncé lundi aux journalistes Tatiana Golikova, ministre russe de la Santé et du Développement social.

« Le fait qu'il y ait eu en cinq mois 699 900 naissances est de bon augure, c'est plus qu'au cours de la même période de l'année passée, période qui avait précédé la crise », a indiqué la ministre russe.

Mme Golikova a précisé qu'au terme de l'année 2008 la natalité en Russie avait augmenté de 18 %, pour porter le nombre de nouveau-nés à 1 717 000.« Selon les estimations préliminaires, le taux de fécondité 2008 pourrait se chiffrer en Russie à 1,5 enfant par femme en âge de procréer, autrement dit, se rapprocher du niveau européen [et québécois] moyen », précise le communiqué du Rosstat. Rappelons que le taux de fécondité synthétique s'était effondré jusqu'à 1,19 enfant par femme en l'an 2000.

Si le nombre absolu de naissance augmentent beaucoup, ces succès s'expliquent surtout par la structure démographique de la population qui compte beaucoup de femmes en âge de procréer (20 à 29 ans).

Il faut cependant noter que la Russie a mis en place une politique nataliste universelle (contrairement au Québec). Dans son discours au Conseil de la Fédération en mai 2006, l'ex-président Vladimir Poutine a confirmé la mise en place d'une politique nataliste. Cette politique permettrait notamment aux mères de bénéficier d'une « prime de maternité » conséquente (250 000 roubles, soit 10 000 $, pour la naissance d'un second enfant et 300 000 roubles (12 000 $) pour le troisième). De plus, depuis février 2006, des « certificats de naissance » ont été introduits dans les maternités : remplis lors de la naissance d'un enfant, ils permettent à la mère de toucher sa « prime de maternité », et à la sage-femme de bénéficier d'une « prime d'assistance » de 10 000 roubles (450 $) pour chaque enfant né dans son service.

[Notons que le nombre de naissances au Québec, pour les deux derniers mois de 2009 dont nous avons les chiffres, étaient inférieurs à ces mêmes mois en 2008 marquant par là un infléchissement à la baisse de la natalité québécoise. Par contre, le premier trimestre de 2009 a vu légèrement plus de décès que dans la période correspondante de 2008.]

Québec — lente érosion du secteur public

Le monopole de l'Éducation a publié ses prévisions de fréquentation des secteurs public et privé pour l'année scolaire 2009-2010.

La prévision s'établit à 124 832 élèves dans le privé et 863 681 élèves dans le public.

À la suite de la contraction démographique du Québec, les effectifs totaux continuent de décroître en termes absolus.mais alors que la décroissance du secteur public serait de 2,1 % avec 18 246 élèves en moins qu'en 2008-2009, le secteur privé ne devrait décroître que de 0,1 % avec 104 élèves en moins.

Évolution de la fréquentation des deux secteurs

Année scolairepublicprivé
2003-200489,4 %10,6 %
2004-200589,0 %11,0 %
2005-200688,6 %11,4 %
2006-200788,2 %11,8 %
2007-200887,9 %12,1 %
2008-200987,6 %12,4 %
2009-201087,4 %12,6 %


Le privé économise de l'argent à l'État

Le secteur public coûte 6,6 milliards de $ au Trésor public alors que ce montant s'élève à 465,5 millions de $ pour le privé.

Chaque élève inscrit au privé subventionné coûte aux contribuables 60 % des coûts associés aux enfants inscrits dans le public. Il existe également des écoles privées au Québec qui ne reçoivent aucune subvention.

Chaque élève inscrit au privé permet donc de dégager des fonds supplémentaires pour éduquer les élèves du public.

Quelle est la réaction des syndicalistes ?

Qu'on leur coupe les vivres !

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) est revenue à la charge et a demandé une fois de plus que le gouvernement québécois cesse de subventionner les écoles privées. « Ce qu'on souhaite dans un premier temps, c'est un gel du financement accordé aux écoles privées » indique le porte-parole de la FCSQ Jean-Pierre St-Gelais. « Dans un deuxième temps, le gouvernement pourrait diminuer graduellement le financement pour, éventuellement, l'abolir complètement [NDLR: pléonasme] », dit-il.

dimanche 5 juillet 2009

École québécoise : le zéro disparaît, la plus basse note est parfois de 24 %

En septembre 2007, à la suite d'un tollé dans la population, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a fait disparaître les lettres et les cotes dans le bulletin pour les remplacer par les pourcentages. Mais les enseignants peuvent continuer d'évaluer leurs élèves avec des lettres, qu'il faut ensuite convertir en chiffres.

C'est ainsi que le zéro a été évacué de plusieurs grilles de conversion, qui varient d'une commission scolaire et même d'une école à l'autre. Selon le Soleil, à la commission scolaire de la Capitale par exemple, la plus basse note possible, qui correspond à la lettre E, est 24 %.

Selon le Professeur masqué qui aurait eu accès à un tableau de correspondance pour une autre commission scolaire, la transposition devait se faire de la sorte :

0 à 28 % = E = 28 %
29 à 36 % = E+ = 36 %
37 à 44 % = D = 44 %
45 à 52 % = D+ = 52 %
53 à 60 % = C = 60 %
61 à 68 % = C+ = 68 %
69 à 76 % = B = 76 %
77 à 84 % = B+ = 84 %
85 à 92 % = A = 92 %
93 à 100 %= A+ = 100 %

Il ajoutait que la conversion de la cote en pourcentage se fait quasi systématiquement à la hausse : « Cela vous surprend-il? Entre 53 et 60 %, il y a un monde, je crois. Mais dans l'œil de l'administrateur scolaire, à 53 %, tu passes ! »

Comment ? Grâce à une pondération administrative : « En langage clair, la direction de son école a la possibilité de faire varier cette pondération de 0 à 30 % de la note finale de l'élève. Bref, la direction s'immisce dans l'évaluation professionnelle des enseignants. En se basant sur quoi ? On ne le sait pas. S'assurer qu'il y ait le moins d'échecs possibles ? Contrebalancer l'effet négatifs d'examens mal foutus ? »

À la commission scolaire de la Capitale, la grille de conversion est calquée sur celle proposée par le ministère de l'Éducation, explique le directeur adjoint des services éducatifs, Roger Delisle, qui minimise la disparition du zéro. « L'enseignant porte un jugement sur l'ensemble de l'année. Ce serait très étonnant qu'on mette à l'élève un zéro dans ces circonstances », dit-il.

Toutefois, certains élèves sont eux-mêmes étonnés comme le rapporte Andrée Turbide, Syndicat de l'enseignement des Deux Rives. « Les élèves disent aux profs : Ça ne dérange pas, même si j'écris rien dans mon examen, je vais avoir 32 % ? »

Redoublement quasi inexistant

Par ailleurs, même si un élève obtenait un zéro dans son bulletin, rien n'indique qu'il redoublerait. Même si le redoublement est dorénavant permis par le Monopole de l'Éducation, il reste quasi inexistant dans les écoles du Québec. En 2007-2008, 2 % des élèves du primaire ont redoublé, selon les chiffres du ministère.

Une des raisons moins nobles de ce redoublement : le coût associé à celui-ci.

Dans certaines écoles secondaires, le nombre d'élèves qui redoublent est limité. « La direction nous a avertis qu'il y avait seulement 14 places pour des doubleurs », raconte un professeur de français de deuxième secondaire, qui a préféré que le Soleil ne l'identifie pas. « Qu'est-ce que je fais si j'ai 70  élèves qui coulent ? »

Et puis, il suffit parfois d'une simple intervention des parents pour éviter le redoublement. Une enseignante de Québec en a fait l'expérience avec son beau-fils. Elle n'a fait que poser quelques questions sur les résultats de l'élève et la direction lui a tout de suite proposé de le faire passer.

samedi 4 juillet 2009

L'utilité de la glorification des Premières Nations

Billet intéressant de Carl Bergeron qui évoque le cours ECR.

Y. Berthou. SPECTACLE — AU CŒUR DES FABLES ET DES TRADITIONS DES PREMIÈRES NATIONS, Le Devoir, 5/7/2009.
Véritable plaidoyer, Kiugwe invite au respect et à la reconnaissance des Premières Nations du Québec — Innus [Montagnais], Mohawks [Agniers], Cris, Algonquins, Atikameks, Inuits [Esquimaux], Abénaquis, Hurons-Wendats, Malécites, Naskapis, Micmacs –, mais aussi du monde entier. En préambule, le conteur rappelle que «l’homme blanc est venu avec sa religion, ses maladies et il a pris nos terres». Grâce à une mise en scène efficace, avec ses jeux de lumière et une occupation intelligente des lieux, les spectateurs plongent sans retenue dans cet univers. «Les projections imposantes, la finesse de la lumière et les effets spéciaux créent la magie nécessaire pour que ces mythes et légendes des Premières Nations touchent le cœur du spectateur», se félicite le metteur en scène, Jacques Crête.

La métissolâtrie est de saison, et les Tartuffes accourent pour enfiler les nouveaux habits de la bigoterie. On sait que le cours ECR consacre une partie démesurée de son programme à l’enseignement des si précieuses traditions autochtones, présentées — de façon assez divertissante, il faut bien le dire – comme des prophéties écologistes d’avant-garde en comparaison de la science arrogante et pollueuse de l’homme blanc… On me permettra de souligner que la glorification des “traditions millénaires” autochtones doit toujours s’en remettre à une condamnation sans partage de l’arrivée de l’homme blanc sur “l’île de la Tortue” pour susciter un intérêt qu’elle serait d’ailleurs bien incapable de susciter par elle-même.

Si ce n’était pour déverser tout notre fiel à l’encontre de l’héritage occidental, personne ne s’intéresserait aux “Premières Nations”.

lundi 29 juin 2009

France comme au Québec — déconfessionaliser l'école confessionnelle au nom de la « laïcité »

Deux examinatrices à l'oral du baccalauréat de français se sont plaintes jeudi et vendredi de la présence de croix dans des salles d'examen du lycée privé Saint-André de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), a-t-on appris lundi de sources concordantes.

« Deux professeurs ont demandé à retirer les croix mais c'est chose impossible car il n'y a pas de raison de le faire, comme me l'a indiqué le directeur de la maison des examens d'Arcueil (SIEC) », a déclaré à l'AFP Gérard Meunier, le proviseur de ce lycée catholique.

« Je comprends, je suis d'une grande tolérance mais il est difficile de retirer tous les signes religieux d'une école catholique », a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agissait du premier incident de ce type dans son établissement, qui est un centre d'examen depuis une dizaine d'années.

Les deux examinatrices, qui enseignent dans d'autres lycées, ont été remplacées pour cette épreuve, selon le syndicat de gauche SNES-FSU de Créteil.

Dans un communiqué, le syndicat déplore « l'attitude de la direction du SIEC qui préfère le remplacement des enseignants à l'application de la loi républicaine et de ses principes laïcs ». Il appelle à « une mise au point officielle » de la part du SIEC.

Le directeur du SIEC n'a pas pu être joint dans l'immédiat par l'AFP.

« Tous les candidats doivent avoir les mêmes conditions d'examen et la consigne de bon sens est de tout retirer des murs d'une salle d'examen pour ne pas influencer les candidats », a souligné Dominique Chauvin, secrétaire général adjoint du syndicat.

jeudi 25 juin 2009

Réal Gaudreault — trois capsules pour finir la saison



Capsule 39 - Les experts cooptés en amont de la démocratie

Résumé de Réal Gaudreault :
« En 1999, le Groupe de travail sur la place de la religion à l’école accouche du Rapport Proulx. Il faut prendre le temps d’y jeter un coup d’œil pour se rendre compte de tout le mépris qu’avaient les membres de ce groupe de travail envers la volonté des Québécois au sujet de la religion à l’école. De l’avis de ce groupe de travail, l’opinion du peuple exprimée dans les sondages est souvent ou bien « irréfléchie », sinon « aberrante ». »


Le rapport Proulx

Claude Ryan, sur le Rapport Proulx

« Notre rôle [celui des experts] se situe en amont du vote à venir. Nous souhaitons simplement contribuer à nourrir la délibération commune. Car la mesure de la démocratie ne se réduit pas au décompte du vote, encore moins aux pourcentages des sondages, même les mieux faits; un vote peut être irréfléchi et une opinion, même majoritaire, peut être aberrante. »

(page 9 du rapport, c'est une perspective gramsciste qui a fort bien réussi)


Capsule 40 - Commission des droits de la personne - YOGA

Résumé de Réal Gaudreault :
« En juin 2008, la Commission des droits de la personne publie un texte de réflexion dans lequel elle semble fort bien s’amalgamer aux désirs gouvernementaux en ce qui concerne le cours ÉCR. Pis encore, le texte mentionne que les enseignants devront « inciter » les élèves à critiquer les valeurs religieuses qui ne sont pas exactement alignées sur les lois étatiques. Aussi, cette capsule est l’occasion de revenir sur la présence du YOGA à l’école. »


La Charte et la prise en compte de la religion dans l’espace public.

« Une des pistes à envisager à cet effet serait, pour l’enseignant, de cultiver chez les élèves une capacité à poser un regard critique sur les différentes expressions du phénomène religieux sans pour autant laisser transparaître ses opinions personnelles en la matière. »

(page 24 du rapport de la Commission des droits de la personne et de la protection de la jeunesse)



Capsule 41 - Le YOGA et l'éveil spirituel à l’école québécoise

Résumé de Réal Gaudreault :
« Au cours de la dernière année, des parents ont découvert que leurs enfants étaient exposés à des séances de yoga à l’école. Cette capsule vous informe davantage sur les dangers que peuvent représenter cette pratique religieuse. Comment le gouvernement justifie-t-il cette présence religieuse dans les écoles après avoir déconfessionnalisé les structures scolaires québécoises ? »



La mouvance wiccane au Québec : un portrait de la sorcellerie contemporaine (mémoire de maîtrise)


Les sorcières sont des femmes comme les autres

(page 103, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)

Dans une école publique près de chez vous, sans votre permission et avec vos impôts :

« Divers exercices (mandala, méditation guidée, rêve éveillé, psychagogie, etc.) dans le but, par exemple, de :
  1. s’initier à l'intériorité, au silence, à la méditation (S);
  2. trouver la « source en soi », son ancrage dans la vie (S);
  3. prendre conscience de son monde intérieur, de sa dimension spirituelle (S).
 »

(Page 10 du rapport Des « agir » [sic!] liés à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire)

Détails sur le second procès ECR (Loyola)

Loyola High School c. Michelle COURCHESNE (ministre)

Loyola a été représenté par Borden Ladner Gervais SRL (Me Mark Phillips et Me Jacques Darche).

Première lettre à la ministre.
Requête du collège Loyola.
Seconde lettre à la ministre.

Le Monopole de l'éducation par Justice Québec (Me Benoît Boucher et Me Lucie Jobin).

Défense du ministère de l'éducation.


Lieu :

Palais de Justice de Montréal
1, rue Notre-Dame Est
Montréal

Début : lundi, le 8 juin à 9 h 00

Salle : 15.07

Durée : 5 jours

Accès : Public


Comptes rendus

Compte rendu de la première journée du procès.

Compte rendu de la deuxième journée du procès.

Compte rendu de la troisième journée du procès.

Jeudi : M. Jacques Pettigrew défendra le programme ECR.

Vendredi : plaidoiries orales des avocats de Loyola et du Monopole de l'Éducation.

Plaidoirie écrite de Loyola.

Plaidoirie écrite du Monopole de l'Éducation.




Pour le premier procès ECR (Lavallée c. Commission scolaire des chênes, voir ici)